Comprendre l’hyperactivité chez les NAC : quand l’énergie déborde
Les Nouveaux Animaux de Compagnie (NAC) enrichissent le quotidien de milliers de familles françaises. Furets, lapins, rats, octodons, écureuils ou perroquets, tous ont des tempéraments très variés, mais certains se distinguent par une activité débordante qui déroute parfois leurs propriétaires. Un lapin qui ne tient pas en place, un furet qui multiplie les bêtises, une gerbille toujours en cavale : s’agit-il vraiment d’hyperactivité ou d’un comportement normal mal compris ? Identifier la différence est la première étape pour équilibrer vie de famille et bien-être animal.
L’hyperactivité chez les NAC n’est pas une pathologie au sens strict, mais un ensemble de signes : agitation permanente, difficulté à se poser, comportements destructeurs, sommeil fragmenté, réactions vives aux stimuli… S’il n’existe pas de diagnostic officiel, la question de l’adaptation de l’environnement et de l’apprentissage de la “pause” se pose alors, tant pour l’animal que pour ses humains.
Pourquoi certains NAC sont-ils particulièrement “speed” ?
- Race et espèce : Certains NAC, comme le furet, le rat ou la gerbille, ont un métabolisme rapide et des pics d’activité physiologiques. D’autres, comme le chinchilla ou l’octodon, sont naturellement vifs le soir ou au lever du soleil.
- Âge : Les jeunes NAC (quel que soit l’espèce !) sont souvent plus remuants, explorateurs, et dissipés que les adultes ou séniors.
- Manque de stimulation : L’ennui, le manque d’activités ou un habitat trop pauvre favorisent souvent l’apparition de comportements “excessifs” simplement pour tromper le temps.
- Absence de repères/routines : Un cadre instable ou imprévisible (horaires, présence, changements fréquents) fragilise l’équilibre psychologique de petits animaux très sensibles.
Notre mission : canaliser, non brider. Il s’agit d’aider nos compagnons à découvrir le calme, se poser, et se rassurer, en respectant leur nature sans les “casser”.
Quels signaux indiquent un besoin d’apaisement ?
- Tournis, mouvements frénétiques, courses répétées dans la cage ou en semi-liberté
- Grignotages ou destruction d’équipements, de barreaux
- Morsures “nerveuses” (même sans agressivité)
- Difficulté à dormir ou micro-siestes, réveils intempestifs
- Criailleries/babillements excessifs chez les oiseaux
- Signes de stress lors des manipulations (fuite, agitation dans les mains, tremblements)
Certains NAC, comme les lapins ou cochons d’Inde, extériorisent aussi un mal-être par des automutilations (pelage rongé) ou refus du contact.
Aménager l’environnement pour favoriser le calme
Le secret d’un NAC apaisé commence par une “maison” bien pensée : la cage, l’espace de sortie, mais aussi le rythme de vie de la famille s’y reflètent. Quelques principes essentiels :
- Créer des zones-refuges :
Chaque NAC doit pouvoir se cacher à l’abri des regards ou du bruit (maisons en bois, tunnels, hamacs, plateformes en hauteur selon l’espèce). Un animal qui se sent en sécurité sera moins sur la défensive. - Limiter les stimuli excessifs :
Évitez les cages placées dans des lieux de passage bruyants, la lumière directe ou les courants d’air. - Proposer suffisamment d’espace :
Un furet ou un rat maintenu en cage 24h/24 développera plus facilement des troubles du comportement. Un enclos sécurisé pour les sorties, même courtes mais régulières, est préférable. - Aménager l’espace avec des éléments à manipuler :
Brindilles à ronger, balles, cachettes à explorer, plateformes à grimper, jouets distributeurs de friandises… occuper l’esprit canalise l’activité.
Routine et rituels : poser les bases de la sérénité
La répétition rassure chez bon nombre de NAC. Instaurer des horaires de repas fixes, des rituels de sorties, un temps calme chaque jour permet de donner des repères qui apaisent le mental.
- Rythme veille-sommeil naturel : Respectez le cycle spécifique de votre espèce (par exemple, certains rongeurs dorment la journée et s’activent la nuit). Forcer l’animal à “vivre” seulement à nos horaires génère agitation et frustration.
- Transitions douces : Si votre NAC a difficilement accès au repos, favorisez les transitions entre activité et calme avec des signaux (lumière tamisée, caresse posée, musique douce…)
- Limiter la sollicitation humaine intensive : Certains NAC sont victimes de l’excès d’interactions, surtout chez les enfants (bruit, excitation pendant les sorties, manipulations trop longues).
Proposer des activités pour évacuer l’excès d’énergie
Un animal très actif a surtout… besoin de bouger ! Mais à bon escient : on privilégie des sessions brèves et variées, adaptées à l’espèce.
- Furets : Explorations sous surveillance, tunnels, balles, chasses simulées, jeux de recherche d’aliments cachés.
- Lapins : Parcours à sauter, boîtes à fouiller (remplies de foin), branches à ronger.
- Oiseaux : Balançoires, cordes, jeux d’intelligence, foraging (alimentation cachée dans des éléments à détruire).
- Rats/gerbilles/octodons : Roues adaptées (en métal plein pour éviter blessures), labyrinthes faits-maison, tubes interchangeables.
Après chaque période intense : proposez systématiquement un moment calme avec une gourmandise, du foin ou une caresse, selon ce que l’animal apprécie.
Apprendre le “calme” : astuces éducatives
L’éducation positive donne toute sa place aux bonnes attitudes : on ne punit pas un NAC “trop vif”, on félicite, on récompense le calme. Quelques idées concrètes :
- Renforcer les moments calmes par la récompense :
Dès que votre NAC se pose ou s’arrête de tourner (même 10 secondes !), offrez une mini-friandise douce ou grattez-lui le dos lentement. Même un doux “bravo” suffit parfois. - Ignorer l’excitation excessive :
Évitez de réagir ou d’ouvrir la cage lorsque l’animal est au comble de l’agitation. Attendez qu’il se pose ne serait-ce qu’une seconde, puis interagissez. Cela apprend que le calme précède la récompense ou la sortie. - Installer un objet “transition” :
Proposez un doudou, une branche ou un jeu-offre à garder lors des phases calmes, qui devient signal de détente. - Ne jamais crier ou manipuler brusquement :
Les corrections brutales aggravent l’hyperactivité par peur ou frustration et nuisent à la confiance.
Gestion du temps : s’adapter aux contraintes du foyer
Une famille active peut-elle accueillir un NAC remuant ? Oui, si l’on ajuste attentes et organisation.
- Espacer les moments d’activité (jeu, sortie) par des phases “de pause”, même brèves, dans un lieu calme.
- Assurer que même en l’absence de l’humain, l’enrichissement soit assuré (objets à détruire, cachettes, gourmandises à chercher).
- Pour les NAC qui souffrent de la solitude : envisager une vie en duo (dès lors que l’espèce est grégaire !), toujours dans le respect de la compatibilité et de la quarantaine sanitaire.
Témoignages de propriétaires : capter le calme
"Notre jeune furet, Pixel, transformait sa cage en champ de batailles toutes les nuits. Après avoir installé des boîtes à fouiller et mis en place un rituel du soir (petite caresse, lumière plus basse), il s’est mis à se poser beaucoup plus facilement après chaque sortie." - Julie, Strasbourg
"Mon couple d’octodons courait partout et faisait du bruit en pleine nuit, stressant tout le monde. Avec une roue massive, des branches à grignoter et des sorties courtes mais sportives, ils sont bien plus sereins et se calment naturellement au coucher." - Nicolas, Bordeaux
Quand s’inquiéter & consulter un professionnel ?
- Si l’agitation s’accompagne de perte de poids, de blessure, d’automutilation ou de chute marquée du poil.
- En cas de modification brutale du comportement : un animal toujours calme qui devient subitement hyperactif ou inversement.
- Si le lien de confiance se dégrade nettement (morsures, grognements, refus du contact intense).
Un vétérinaire spécialisé NAC ou un comportementaliste pourra rechercher une cause médicale (douleur, maladie hormonale, troubles stress post-traumatique) avant de proposer des solutions éducatives adaptées.
En résumé : apaiser, ce n’est pas forcer
Encourager le calme chez un NAC “tornade” reste un défi d’observation, d’ajustements, et… de patience. Offrez des recoins douillets, une routine structurante, des activités variées, et pensez à récompenser chaque temps de pause. N’oubliez pas que selon l’espèce, un certain degré d’activité est simplement naturel : le rôle de la famille est d’offrir un cadre où l’exploration rime aussi avec repos assuré.
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- L’espace Communauté permet de partager vos astuces, vos réussites mais aussi vos difficultés : chaque expérience aide à mieux comprendre nos compagnons.
- Ne renoncez pas face à un “hyperactif” : l’équilibre existe, il se construit pas à pas, ensemble.