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Un éleveur passionné nous explique comment choisir la race de chien adaptée à son mode de vie

Par Maxime
5 minutes

Les critères essentiels pour choisir la bonne race de chien

Avant d’accueillir un chien, beaucoup rêvent à la complicité qui les attend et à la boule d’énergie (ou de douceur !) qui animera la maison. Mais pour que le quotidien soit heureux pour le maître comme pour l’animal, il est essentiel d’opter pour une race en phase avec son rythme de vie. Nous avons interrogé François Bergeat, éleveur passionné depuis plus de vingt ans et éducateur canin, afin de mieux comprendre comment s’effectue ce choix crucial.


L’importance de définir ses attentes et son mode de vie

Pour François Bergeat, pas de mystère : « La majorité des abandons ou des situations difficiles que je constate proviennent d’un mauvais accord entre le chien et la vie de ses propriétaires. Avant de s’arrêter sur une race, il faut se regarder dans le miroir : êtes-vous sportif ou casanier ? Travaillez-vous beaucoup ? Y a-t-il des enfants ou d’autres animaux à la maison ? »


Il rappelle que chaque race canin a ses propres besoins, issus de siècles de sélection pour des tâches précises : « Un border collie, par exemple, a besoin de se dépenser et d’être stimulé intellectuellement presque quotidiennement, sous peine de développer des troubles du comportement. À l’inverse, un bouledogue français ou un carlin seront plus adaptés à une vie en appartement, à condition que leur maître assure des promenades régulières. »


Chien actif ou chien calme : quelle énergie pour quel foyer ?

D’un côté, on trouve les chiens très dynamiques comme les bergers australiens, les labradors ou les huskies sibériens. « Pour ces races, une maison avec jardin ne suffit pas. Il faut consacrer du temps à l’extérieur, que ce soit en course, en randonnée, ou dans la pratique de sports canins comme l’agility, » souligne l’éleveur.


À l’opposé, certaines races montrent un tempérament plus casanier : bouledogue anglais, shih tzu, bichon frisé ou encore cavalier king charles. « Ils apprécient le confort du foyer, mais ne doivent pas non plus être privés de sorties pour entretenir leur santé physique et mentale. »


L’environnement, un facteur à ne pas négliger

Vivre en appartement n’est pas prohibitif, même pour des chiens de taille moyenne ou grande, si l’on est attentif à leurs besoins. François précise : « Tout dépend du planning du maître. Un dalmatien peut s’acclimater en ville à condition d’avoir plusieurs longues balades quotidiennes. À l’inverse, un chihuahua pourra mal supporter la solitude toute la journée malgré sa petite taille si son propriétaire travaille beaucoup. »


La cohabitation avec d’autres animaux et la présence d’enfants sont aussi à anticiper. Les golden retrievers, beagles ou cocker spaniels sont réputés pour leur patience et leur gentillesse, ce qui facilite l’intégration dans des familles actives. Au contraire, certaines races primitives (akita inu, spitz, basenji…) peuvent nécessiter plus de vigilance au quotidien et demandent une socialisation très précoce.


Le temps et l’implication : au cœur du choix

La réalité du quotidien impose parfois ses contraintes. Notre éleveur explique : « Même les petites races à la mode nécessitent du temps chaque jour : le toilettage d’un bichon ou d’un caniche, par exemple, est à prévoir dans l’emploi du temps. De même, le bouvier bernois, souvent choisi pour son tempérament doux, demande un entretien lourd de son pelage et une adaptation aux grosses chaleurs. »


Il alerte également sur la tentation de certains choix impulsifs, motivés par une tendance, une esthétique ou une publicité. « Adopter un chien doit relever d’une réflexion mûrie, intégrant les projets futurs de la famille : déménagement, arrivée d’un enfant, changements professionnels… »


Quelques exemples concrets pour aider à se projeter

  • Pour les sportifs : berger australien, border collie, braque allemand, husky sibérien.
  • Pour des familles avec enfants : golden retriever, labrador, cavalier king charles, beagle.
  • Pour les seniors ou les personnes vivant en appartement : carlin, shih tzu, bichon frisé, teckel.
  • Si l’on recherche un chien de garde : berger allemand, rottweiler (attention à la réglementation), montagne des Pyrénées, dobermann.

François insiste : « Il existe de bonnes surprises ! Une race jugée dynamique peut se révéler calme si le chien bénéficie d’un cadre sain et d’une vraie routine. Inversement, un chien réputé tranquille peut mal vivre un manque d’activité ou de présence. »


L’achat en élevage, refuge ou association : points de vigilance

Beaucoup de foyers penchent pour l’acquisition en élevage. Notre expert conseille de privilégier les élevages sérieux, où la socialisation commence dès les premières semaines, avec des chiots élevés en famille, habitués aux bruits et aux manipulations. Un bon professionnel saura orienter l’acheteur en posant les bonnes questions et, parfois, en déconseillant un choix qui n’est pas cohérent avec la vie des futurs maîtres.


Quant à l’adoption en refuge ou en association, elle peut convenir à des profils variés, à condition de bien décrire son mode de vie pour qu’un coup de cœur ne se transforme pas en difficulté. « Les bénévoles connaissent finement les animaux recueillis et savent évaluer leurs réactions dans différents contextes, ce qui permet d’éviter les erreurs », ajoute François Bergeat.


Budget, santé et entretien : ne rien laisser au hasard

Outre l’acquisition, chaque race implique un budget à long terme : alimentation, soins vétérinaires, toilettage, matériel, éducation… Il convient d’anticiper les frais particuliers à certaines races prédisposées à des pathologies (dysplasie chez le berger allemand, maladies respiratoires chez le bouledogue…), et la fréquence des consultations pour l’entretien (notamment pour les chiens à poil long ou aux plis de peau).


François met en garde : « Certains propriétaires découvrent trop tard les coûts récurrents d’une race qui les faisait rêver. Discuter avec des éleveurs, des clubs de race ou d’autres propriétaires est très riche pour se faire une idée réaliste avant de s’engager. »


Focus : la diversité des individus, même au sein d’une même race

François Bergeat conclut : « L’important, c’est d’ouvrir le dialogue avec le professionnel ou le refuge et d’observer les portées, la mère, l’environnement. Même au sein d’une même race, vous trouverez des chiots plus posés que d’autres ou à l’inverse très actifs ! Le choix final s’affine donc au contact direct, sur place, et en discutant longuement avec celui qui connaît ses chiens au quotidien. »


Prendre le temps d’analyser son rythme de vie, l’espace disponible, sa condition physique et ses projets personnels permet de faire le bon choix et d’accueillir, pour de longues années, un compagnon vraiment adapté à son foyer. Pour aller plus loin, retrouvez nos fiches de races détaillées, témoignages et conseils pratiques d’éleveurs et d’adoptants sur animauxauquotidien.fr
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